Christian Bale – La performance du kilo

Favim.com-martin-schoeller-christian-bale-australian-scream-shout-573393Alors lui, là, en gros plan à gauche qui compresse le texte très fortement sur votre droite, c’est Christian Bale. Vous le connaissez sûrement pour l’avoir vu en costume de chauve-souris militaire dans la récente trilogie Batman, ou avec le crâne presque rasé et plein de flingues dans les mains dans le rôle de John Connor (Terminator Renaissance).

Ce type donc, qui prend tout de même beaucoup de place, ou nous en laisse peu pour s’exprimer (c’est selon) s’apprête à devenir, rien que ça, le nouveau visage de Moise sur grand écran. Tiens, d’ailleurs, en parlant d’expression, sans doute vous souvenez-vous justement de cet incident survenu sur le tournage de Terminator Renaissance, dont l’enregistrement tonitruant fit le tour du monde et du web en raison de sa célèbre phrase «Are you professionnal or not ?». Une phrase désormais culte et plébiscitée chez tous les admirateurs de Christian Bale qui se respectent. Ne riez pas, il y en a. Ce que l’on entendait donnait à rire justement. Et/ou effrayait aussi. Dans les deux cas, ce que l’on retenait de cet instant sonore, assurément surréaliste, était que Christian Bale possède certainement une personnalité tempétueuse mais demeure, à sa décharge, un acteur impliqué. Très impliqué. Peut-être même trop. Car cette implication ne se limite pas seulement à une sorte de Jack Nicholsonisation de ses interprétations, elle se répercute également sur la silhouette de cet acteur qui a l’air de trouver amusant le concept de jouer avec l’aiguille de sa balance. On a les hobbys que l’on peut…

Rarement (on est à deux grammes d’avancer « jamais ») on aura vu un même acteur varier autant dans les rôles que dans le poids. Renvoyant Robert de Niro et sa vingtaine de kilos supplémentaires dans les cordes du mythique Raging Bull, Bale défie les régimes et les lois de l’embonpoint pour l’amour de l’art cinématographique. Vous voulez perdre ou prendre des grammes en pagaille? Oubliez les burgers de chez Burger King, les infâmes yaourts honteusement fabriqués à zéro pour cent de matière grasse dans les supermarchés discount ou vos coachs nutritifs vendus à la solde du lobby Weight’n’Wetchers, et suivez le régime de l’Actor’s Studio selon Christian Bale.

Entendons-nous bien, il est fort probable que ce type soit fou. Ou, hypothèse capillotractée au relatif potentiel de crédibilité, qu’il y ait des clones de sa personne disséminés autour du monde avec la même taille mais un poids différent pour le tournage de chaque film. Bref. Toujours est-il que celui qui, dans Les Quatre Filles du Docteur March, se faisait tout petit devant Winona Ryder, a depuis réinventé l’art d’en faire des tonnes. Ou pas. La preuve par trois.

1) The Machinist – le poids coq de Trevor Reznik

« Je fais attention à ne pas trop rire parce que, on ne sait jamais, je pourrais me fendre la gueule au sens propre »

L’histoire : C’est l’histoire d’un insomniaque tout maigre (mais alors vraiment tout maigre) qui s’appelle Trevor Reznik et qui, pour passer le temps, joue au pendu sur des post-its. Même qu’à la fin, on comprend pourquoi.

BalanceLa méthode : Une pomme et une boîte de thon par jour. Tandis que beaucoup d’entre nous auraient finis déprimés à l’idée même du concept de mâcher chaque fois la même chose, Christian Bale lui, qui rappelons-le est un acteur impliqué, a perdu 28 kilos en trois mois pour finir avec 54 kilos à la pesée. L’acteur (investi vous dit-on) était prêt à aller encore plus loin dans sa préparation. Pour des raisons de santé (et de bon sens aussi), les producteurs ont jugé bon de lui ordonner de s’arrêter là. On les en remercie car le résultat à l’écran est suffisamment effrayant pour appliquer le célèbre adage de Maxwell: « ce n’est pas la peine d’en rajouter ». En effet, avec les os saillants des pommettes bien en évidence et la colonne vertébrale du corps exhibée comme un symbole de souffrance, la performance que l’acteur délivre est impressionnante. Troublante également. Probablement la plus hallucinante de sa déjà hallucinante galerie de portraits.

Le pire dans tout cela, c’est que Bale reprendra quelques mois après un sacré poil de la bête pour le tournage de Batman Begins. J’en connais un qui a dû s’enfiler force entrecôtes et frites avec des M&Ms pour le dessert. Peut-être (et je dis bien peut-être) aurait-il du également penser à prendre des pastilles pour la gorge. Pourquoi ? La petite vidéo ci-dessous vous répond:

2) Fighter – Le poids léger de Dicky Eklund

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« Bonjour, je voudrais commander une pizza royale extra large avec supplément fromage sur les bords et les dessus. Et le premier qui me demande si je veux mon soda light n’aura pas de pourboire »

L’histoire : C’est l’histoire de Micky, un boxeur qui, presque comme tous les boxeurs, a un prénom ridicule de personnage de dessin animé. Et comme sa carrière ne prend pas l’envol qu’il veut, et que Micky veut impressionner la fille qu’il a rencontré, il laisse le soin à son frère Dicky (encore un prénom ridicule), lui-même ancien boxeur ayant raccroché le gant à cause de la drogue, de le coacher. Pour l’amener où ? Vers la victoire, évidemment.

BalanceLa méthode : La drogue probablement. En tous cas, on peut se le demander. On ne sait pas exactement comment l’ami Christian a de nouveau perdu son impressionnante masse musculaire et comment il a réussi à brûler toutes ses calories mais, une chose reste certaine, il n’a pas eu à renouveler son record de The Machinist pour le rôle de Dicky Eklund. Reste malgré tout un travail conséquent sur la capillarité volatile du protagoniste, et sur la gestuelle d’une silhouette souffreteuse, totalement agitée, qui semble tenir debout uniquement grâce au roulement d’yeux hallucinés qu’offre l’acteur. A l’arrivée ? Une démonstration supplémentaire de la capacité de CriCri à s’investir avec talent dans des personnages borderline.

Comme Hollywood aime ce genre de prestations, surtout lorsqu’il y a une rédemption à la clé, bam ! Et un oscar du meilleur second rôle, un. Eh ouais Mark, ouais…

3) American Bluff – Le poids ultra lourd d’Irving Rosenfeld

Le Dude ? Non, Irving Rosenfeld.

L’histoire : C’est l’histoire d’un type qui arnaque des types pour gagner sa vie. Donc ce type là, celui qui arnaque des types, finit par rencontrer un autre type pour l’arnaquer. Le truc c’est que le type en question (celui qui allait être arnaqué) demande à l’autre type (celui qui arnaque) d’arnaquer d’autres types pour qu’il puisse s’en sortir. Ah, et il y a des filles dans l’histoire qui veulent, elles aussi, arnaquer des gens.Vous suivez ? Si vous ne suivez pas, c’est pas grave; le film est suffisamment long pour ne pas en perdre une miette, même si vous vous endormez.

BalanceLa méthode : Manger. Et puis manger, et encore manger, et manger encore. Partout. Le matin au petit-déjeuner, sous la douche, à midi, prendre des desserts entre deux repas, manger en faisant du sport et même avant de passer au lit. Manger en quantité suffisamment abondante pour avoir un énorme bedon qui ferait passer le Père Noel pour un anorexique. Pour une fois, Christian a choisit un rôle où il n’avait pas à se priver. A l’arrivée, Bale affiche fièrement un ventre qui clame que les jeans sont obsolètes, expose des jambes aussi énormes qu’un tronc d’arbre canadien bicentenaire ainsi que des pieds de la taille de Mike Tyson. Soit un gain de 18 kilos pour un film pas terrible (il est même incroyablement long pour pas grand chose) et, tout de même, deux hernies discales.

S’il y a donc une moralité dans cet article, c’est bien celle qui suit :  parfois, même avec la meilleure des volontés du monde, Christian « Are you professionnal or not  » Bale ou pas, rien ne sert de courir, il faut partir à jeun.

Jeof

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