Fink – Pretty little thing

© Tommy N Lance
© Tommy N Lance

Dans le monde merveilleux du folk acoustique, où chaque anglo-saxon qui se respecte prend sa guitare à bras le corps, tu es soit dépressif, soit chevelu, soit les deux. Comme la déprime alimente le compte en banque de ton psy, tu prends ton instrument, tu chantes des ballades crève-coeur censées catharsiser toute ta peine et ton spleen, et tu essayes d’en faire ton gagne-pain. Au sein de tout ce monde merveilleux, assez fréquenté il est vrai, ce n’est jamais totalement gagné. Encore une fois, tout est question de longévité de parcours et de ténacité capillaire.

Au sein de tout ce monde donc, il y a un outsider. Fink. Un type qui, non seulement, n’est ni dépressif ni chevelu (ni même barbu d’ailleurs) et qui, en plus, a été assez sympa pour continuer l’aventure du groupe d’amis d’enfance après une première expérience avortée en tant que… DJ. Sans doute Fink avait-il compris que plusieurs électrons libres qui s’associent ensemble ne mèneraient personne nulle part. Ce qui veut dire que, oui, j’ai un peu menti: Fink ne fait pas vraiment du folk. Ce qui signifie aussi que la chanson qui suit n’est pas du tout une complainte. Au contraire. Non, c’est même l’histoire d’un type qui se met au défi d’obtenir le numéro d’une nana supposée inaccessible (way out of your league, comme voudrait l’expression adéquate).

Pretty little thing est donc un morceau de choix. L’âme y est folk mais la rythmique follement groovesque. Cette chanson inaugure un album vraiment cool, parfois inégal, souvent sensuel, toujours mystérieux – un cocktail que le combo ne cessera de peaufiner au fil de leurs productions (Distance & Time, Perfect Darkness) parues chez le label Ninja Tune. Un morceau qui rappelle que, oui, on peut AUSSI prendre sa guitare dans l’optique de courtiser ET dans le but de passer à l’acte. Une sorte de prequel aux habituels clichés du genre (dans lesquels votre serviteur se complait volontiers) qui fait la nique aux archétypes de la mélancolie et de la douce léthargie. Un son forcément bon, donc, puisqu’on vous le soumet…

Radiophonisé par
Jeoffroy Vincent

Cette Tourne-Disquechanson a été sélectionnée auprès de l’album

Biscuits for Breakfast

paru le 24 avril 2006

et disponible chez Ninja Tune. Voilà.

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1 réflexion sur « Fink – Pretty little thing »

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