Blur – You’re so great

blur_cd_cover_bigDans le fond, tout de même, Blur est un drôle de groupe. Je sais que l’on pourrait dire ça au sujet de plusieurs autres formations mais il n’en reste pas moins vrai que, en pleine décennie 90, l’adversaire réputé d’Oasis a été capable de faire le grand écart involontaire entre des titres aussi captivants que plats. Quand on peut se permettre de réécouter (en cachette ou non, c’est vous qui voyez) quelques uns des mégatubes de Definitely maybe ou de (What’s the story ?) Morning Glory, et d’en apprécier le calibre, certains signés de la main de Blur ont sérieusement souffert. Sérieusement, vous avez réécouté Girls & boys récemment ? Même la nostalgie de nos jeunes années n’aide pas à faire passer la pilule. La vieillesse et le temps qui passe n’épargnent jamais personne, et surtout pas les artistes. Allez demander à Nicolas Sirkis si, à plus de 50 ans passés, il est capable d’arrêter de singer Robert Smith pour donner à Indochine une quelconque crédibilité, il y a de grandes chances pour que le groupe entier parte immédiatement en cure de dépression existentielle post franchise. De toutes façons, même Robert Smith est tributaire de la fatalité de son look, alors pensez…

Graham Coxon
Graham Coxon, sous son meilleur profil (possible).

Je laisse le soin à d’autres de dire pourquoi Blur serait un grand groupe. Blur est un bon groupe, un chouette groupe, auteur de très bonnes chansons, et c’est déjà bien plus que l’on peut dire de certains. C’est lorsqu’on réécoute l’album éponyme de 1997, dont la pochette presque prémonitoire (on y voit brièvement une civière) à la couleur jaune éclatée a marqué les mémoires, que l’on redécouvre peut-être mieux que son moteur n’est pas uniquement son frontman, l’hyperproductif Damon Albarn, mais Graham Coxon, son guitariste chevronné. On le réalise d’autant plus que, par la suite, Albarn s’est senti le besoin d’aller voir ailleurs pour tenter de renouveler son capital créatif. Si son appréciable démarche de mécène ressemble à s’y méprendre à un certain Peter Gabriel, les autres projets d’Albarn m’ont toujours laissés dubitatif; Gorillaz, par exemple, m’ennuie profondément. Mais revenons à Graham, laissé une fois de plus de côté. Cantonné à rester dans l’ombre, problèmes d’alcool obligent, c’est peut-être lui qui demeure l’âme sentimentalement mélomane du quatuor. Celui qui vous prend par les tripes en passant d’abord par les oreilles. Sans lui, pas de pogos possible sur l’efficace et inoxydable Song 2. Pas de sensations d’ondulations complètement mouvementées au fil de Country Sad Ballad Man. Et, surtout, sans Graham, pas de solo électrique absolument déchirant venu fendre l’armure bien moulée de You’re so great, balade romantique à l’architecture thématique classique mais ô combien poignante. Une sorte d’hymne fonctionnant aussi bien pour les amoureux sensibles que pour rassurer secrètement le musicien de ses aptitudes mélodiques et de la force de son don. Un titre faussement dépouillé, volontairement rétro, mais d’une puissance radicale qui souffle tout sur son passage.

Doit-on le dire pour le souligner une fois pour toutes ? Un must.

Radiophonisé par Jeoffroy Vincent

Nota Benêt: Cette très grande chanson que l’on peut réécouter au moins trois fois de suite a été soutirée de l’album Blur, paru le 10 février 1997 (ça ne nous rajeunit pas) et qui reste encore disponible sur le label Food (qui ne sert pas à manger).

Voilà pour les infos.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s