The Sixth Gun – Les mystères de l’Ouest

Le genre : Western fantastique.
De quoi ça parle : De chasse au trésor, de méchants, de durs au grand cœur, de zombies, de revenants et de créatures pas tibulaires mais presque…
Pourquoi on en parle : Parce que c’est cool.

Nombreux sont les augures et les secrets à découvrir de par le monde…dès lors qu’on sait où regarder.

couvthesixthgunC’est un récit à la croisée des genres, entre hommage assumé et relecture respectueuse, qui mêle des codes et des conventions bien arrêtées. C’est une histoire vieille comme le monde, adroitement maitrisée, et pour laquelle il n’y a plus qu’à se caler confortablement pour suivre un périple dont on ne veut pas voir l’issue. C’est un récit pensé en grand, parfois en double page, et de manière suffisamment plausible pour qu’il dure aussi longtemps que possible. C’est peut-être en cela que réside la force de The Sixth Gun : cette adhésion immédiate pour une narration à l’incroyable énergie feuilletonnesque, qui embarque d’emblée le lecteur dans un univers familier mais qui s’étend aussi loin que l’imagination le permet. Dans une Amérique qui se relève tout juste de la guerre de Sécession, Drake Sinclair, dandy de la gâchette portant beau la moustache fine et le costume élégant, sillonne le pays en compagnie de Billjohn O’Henry. Leur but ? Réunir six pistolets aux facultés magiques permettant d’accéder à un trésor dont l’origine reste inconnue. Au fil du parcours et de leur quête, ils vont aller de rencontres en déconvenues et, progressivement, s’écarter de leurs motivations premières pour aller au-delà des frontières entre le Bien et le Mal.

Entamée en 2010, et n’arrivant que maintenant dans nos contrées, l’œuvre bâtie par Cullen Bunn (au scénario) et Brian Hurtt (au dessin) a beau s’appuyer sur des ressorts communs, elle n’ignore pas ses références (Indiana Jones et la dernière croisade, Les Mystères de l’Ouest…). Mieux, elle les digère, et elle rappelle cet adage qui veut que c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes. Celle que sert The Sixth Gun n’a pas du tout un goût de réchauffé, même si on en connait presque par cœur les ingrédients. Sur les deux tomes parus – recueillant les onze numéros édités aux USA de 2010 à 2011- l’histoire ne cesse de promener ses protagonistes en multipliant les lieux, les décors et, surtout, les ambiances ténébreuses. À ce propos, il faut d’ailleurs saluer le talent de Bill Crabtree pour le choix toujours pertinent de ses couleurs car, au sein de cette aventure menée tambour battant, les atmosphères sont fortement marquées par une empreinte crépusculaire proprement grandiose; ce qui, de toute évidence, ne manque pas d’ajouter de l’épaisseur à cet univers atemporel, jouant à fond la carte d’une aventure écrite avec un A majuscule.

TheSixthGun
Le péage de l’arbre au pendu. ©Urban Comics

Aucune arme au monde n’est naturelle
Drake Sinclair

Vous l’avez compris: le ton n’est pas à la caricature. Nous sommes donc à la fois dans ce qui caractérise la représentation du Far West au cinéma, dans les séries ou dans les bandes dessinées (les grands espaces montagneux, les saloons peuplés de porte-flingues aux répliques cinglantes) et dans une œuvre qui trouve au fil des pages sa propre autonomie prise en picorant ailleurs. Entre le grand spectacle rocambolesque et une réflexion plus modeste, mais présente néanmoins, The Sixth Gun médite façon pop corn sur la violence qui déchire les hommes depuis la nuit des Temps. Notre héros, Drake Sinclair, possède ce qu’il faut de charisme pour qu’on le suive jusqu’au bout du monde : un nom cool, une parure vestimentaire lui conférant plus une allure d’espion que de cowboy, un cynisme et une intelligence hors pair, et une envie d’en découdre avec ses démons. Face à lui, Betty, son alter ego féminin tout en charme et frondeur, n’est pas en reste; Bunn ayant le bon goût de ne pas les jeter dans les bras l’un de l’autre dès la première case de leur rencontre. Les autres personnages secondaires vivotant autour de ce couple en devenir gagnent progressivement en profondeur, même si on peut leur reprocher l’absence d’un petit quelque chose pour qu’on s’attache définitivement à eux. Pinaillage à part, The Sixth Gun est un comics comme on les aime. Classique certes, mais comme on en aimerait lire plus souvent, ne serait-ce que parce qu’il tranche d’une esthétique artistique qui pêche par une identité numérique artificielle et sans saveur, régnant sur beaucoup d’albums du même genre.

La petite histoire veut que les chaînes de télévision SyFy et NBC furent, un temps, intéressées par la transposition de la BD à la télévision. À ce jour, tout projet de la sorte semble confiné dans un de tiroir, prenant silencieusement la poussière des jours et des ans. En attendant qu’il sorte éventuellement pour atterrir sur le bureau d’un showrunner avisé, prenez le temps de vous projeter vous-même dans ce conte trépidant, fabuleux et léger, qui vous fera voyager au-delà des montagnes et des voies ferrées tout en restant assis.

Poudre, flingues et mots dégainés par
Jeoffroy Vincent

couvthesixthgunThe Sixth Gun : De mes doigts morts (tome 1) et À la croisée des chemins (tome 2). 176 pages par tome. Parus chez Urban Comics depuis le 4 juillet 2014.

Le site français de The Sixth Gun

 

 

 

 

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1 réflexion sur « The Sixth Gun – Les mystères de l’Ouest »

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