Bon Iver – Trois mois de solitude

What might have been lost don’t bother me
The Wolves, act I & II

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© Jagjaguwar Records

Justin Vernon est un garçon discret mais à la mélancolie frappante. C’est un auteur qui a mis du temps à se révéler mais qui a trouvé en l’hiver la saison de sa renaissance. Bon Iver, sa dernière formation en date, a gagné en deux albums une place de choix dans les cœurs des amateurs de folk et dans le cercle des amoureux en mal de spleen.

Mais l’histoire de Justin Vernon est celle d’un artiste qui a connu plusieurs vies. Avant l’hibernation nécessaire à la création de For Emma, forever ago, magnifique album composé de 9 petits bijoux indissociables, Justin était déjà passé par plusieurs étapes artistiques, alternant projets solos et œuvres communes; DeYarmond Edison fut notamment les prémices d’une aventure musicale prometteuse avant d’être radicalement stoppée. Justin a donc profité d’une rupture amoureuse pour tout plaquer et s’isoler, trois mois durant, dans une cabane au fin fond du Michigan. Trois mois à composer dans les bois, le froid, la solitude, le feu, le grand air, les étoiles… Trois mois à se triturer le cœur et l’esprit, à tenter de faire le tri dans cette accumulation d’éternels recommencements. C’est donc presque un truisme que de se dire que son parcours ressemble à celui des communs des mortels. Ne passe-t-on pas toute son existence à se chercher et à trouver une résonance particulière qui sonnera juste aux oreilles de nos destins ? Ne s’acharne–t-on pas à trouver un équilibre de soi à travers l’autre, tout en aspirant à des moments de solitude volontaire ?

Telles sont donc, peu ou prou, les pistes abordées dans cette chanson qui tourne sur elle-même avec une simplicité si belle qu’elle en devient désarmante. Parce que c’est précisément pour ce type de chanson que l’on réalise que la musique n’est pas seulement qu’une affaire de paroles et qu’elle émeut au-delà du texte. La retraite n’est pas obligatoirement synonyme de lâcheté. C’est une question d’honneur, précisément, et de quête d’identité. L’un ne va pas sans l’autre, l’axe principal étant celui de rester libre coûte que coûte. Ce sont pour ces raisons bien précises, et plus encore, qu’il faut louer la vertu curative de Justin Vernon. Parce que même au bout de cet exil, il demeure proche de nous.

Couvertures, petits bois et grosses bûches lexicales fournies par
Jeoffroy Vincent

bon-iver-for-emma-forever-ago-2For Emma, forever ago (2007, Jagjaguwar Records).
En écoute ici.

Le site officiel de Bon Iver
Le MySpace de Bon Iver

crédit photo : Drew Kaiser


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