Eric Bibb – Un blues sur mesure

serveimageA 60 printemps passés, Eric Bibb continue mine de rien de publier inlassablement des disques au blues bien cadré. Avec le même soin, la même élégance et la même préciosité. C’est, d’ailleurs, le seul reproche que l’on pourrait formuler au sujet de sa discographie : celui d’agir comme un bon élève consciencieux, appliqué, déterminé à répéter ses gammes et ses arpèges sans penser à aller voir plus loin que la démonstration de son évidente dextérité musicale.

Sans doute que son expérience avec Habib Koité, sur l’album Brothers in Bamako publié l’année d’avant, a révélé quelque chose chez le guitariste. Parce qu’il est frappant de voir comment Jericho Road sonne différemment de ses autres productions. Si, dès le premier titre (Drinkin’ gourd), l’on retrouve et reconnaît immédiatement cette voix chaude, au timbre grave et solaire, il y a une volonté de greffer ensuite, sur l’architecture traditionnelle d’un genre acoustique ancestral,  une superposition d’influences venues de par le monde. Parfois propret et légèrement policé, le style d’Eric Bibb s’en retrouve éclaté pour le meilleur. Son jeu de guitare change, évolue de pistes en pistes, permettant à ses compositions de gagner en intérêt et en profondeur. The Freedom Train oriente le disque sur un itinéraire, certes familier, mais typique des aspirations mélodiques de l’ami Bibb qui puise aux sources de l’Afrique une soif nouvelle de charmer son auditeur. Preuve en est que la kora, instrument à la sonorité cristalline si reconnue, devient une récurrence qui traverse tout l’album par sa présence presque protectrice. A l’instar de Have a heart, disponible en fin d’article.

Album fourmillant d’allusions pieuses et morales (The Right Thing, The Lord’s Work, With My Master I am One), Jericho Road n’élude pas, cependant, une certaine réalité, dont celle du couloir la mort (Death Row Blues), tout en essayant de la transcender en permanence. Le funk, le gospel ou même quelques touches de guitare électrique viennent savamment groover la rythmique d’un opus qui se bonifie au fur et à mesure qu’on l’écoute. Et qu’on se surprend à écouter, encore, et encore, et encore. Comme si, au final, on n’avait pas d’emprunter de raccourci pour arriver au terme de ce joli parcours.

Cousu par
Jeoffroy Vincent

 

Jericho Road (Dixiefrog), disponible depuis le 8 octobre 2013.

En écoute ici.

Le site officiel d’Eric Bibb

crédit photo : Dixiefrog

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